mercredi 14 novembre 2012

Soulagez-vous même vos petites douleurs

"Soulagez vous-même vos petites douleurs articulaires" paraitra lors du premier trimestre 2013 aux éditions Grancher.

Cet ouvrage se veut un guide d'auto-soins, vous présentant des techniques inédites de soins, imaginées à partir de mes compétences de kiné et d'ostéopathe, afin que vous puissiez vous traiter chez vous vos petites douleurs, en complément des soins d'un praticien de santé.

Ci aprés la couv:

Sacrés patients bientôt dispo en librairie

"Sacrés patients" recueil de nouvelles présentant des portraits fictifs de patients, est disponible dés aujord'hui en numérique sur mon site www.leslivresdemonosteopathe.com et dés le 4 décembre en librairie!

Ci-aprés la couv et un nouvel extrait:




 

 

                                                        AGATHE
 
Agathe arrive avec 18 minutes de retard, son portable à l’oreille :
«  Ça y est maman, j’suis arrivé, j’crois qul’ostéo m’attends, j’te rappelle en sortant »
Excusez-moi pour le retard, ct’abruti de taxi il m’a fait traverser la Seine pour aller du 16eme au 8eme, il m’a pris pour une touriste, j’ai pourtant pas une tête de touriste…
Visiblement, Agathe se sent particulièrement énervée par son retard, dont elle tient à faire porter l’exclusivité de la responsabilité au taxi, je choisis donc de lui répondre avec un calme digne d’un politicien face à un journaliste-Mélenchon excepté bien sur.
 
Ce n’est pas grave…Je peux prendre moi-même parfois quelque retard.. Vous êtes donc  Agathe de T, la fille de Madeleine ? »
Oui Oui C’est ça …  Lance Agathe, un peu apaisée mais  avec une fierté assez peu contenue, d’une part de porter le nom qu’elle porte et d’autre part d’afficher un physique si séduisant, particulièrement mis en valeur par sa petite robe en coton Jean Paul Gauthier juste courte comme il faut pour optimiser le charme de ses 248 mois.
L’espace d’une demi-seconde elle teste le regrd que je porte sur elle, et visiblement déçue, décide de se rapprocher du miroir de l’entrée afin de vérifier de haut en bas et de bas en haut si elle n’avait pas négligé quelque détail de sa précieuse apparence.
Car en effet, impossible de ne pas voir Agathe, quand Agathe entre dans une pièce, vous ne voyez plus la pièce : vous ne voyez qu’Agathe.
Pour les hommes, c’est dans le désordre : des sueurs froides disséminées dans tout le corps, des palpitations cardiaques avec arythmie, et un très fort balbutiement dès qu’il s’agit d’essayer de parler…
Pour les femmes, c’est différent, quelque chose entre le dédain, la curiosité, ou un intérêt subit pour le meurtre.
Personnelement, j’avais le choix de n’être ni un homme ni une femme mais un thérapeute, et là le tableau s’avérait nettement moins glamour : cernes sous les yeux vainement dissimulées par un maquillage excessif, torsion du bassin avec rigidité lombaire, signant l’existence de perturbations somato émotionnelles du bas ventre, pieds en dedans, hanches en fermeture, et haleine de Stuyvesant Rouge.

samedi 3 novembre 2012

Retrouvailles

Pour les besoins d'un atelier d'écriture, j'ai écrit cette petite nouvelle, pas bien gaie...mais drôle quand même je l'espére....


                                                                        RETROUVAILLES

 

Tout avait commencé au cabinet de Xavier, ostéopathe à Albi.

Agathe se plaignait constamment de maux de tête et d’insomnie, alors son amie Gaëlle lui avait conseillé de consulter  et  avait pris d’office rendez-vous pour elle.

C’était un mardi ordinaire, le temps était ordinaire, et Xavier était d’une humeur neutre.

 En fait, il était en quête constante de la neutralité de ses sentiments depuis la disparition brutale de son épouse il y a quelques mois seulement : être neutre, oublier, pardonner, se répétait-il itérativement.

Après trois TS, deux hospitalisations, une psychothérapie, Cécile avait fini par réussir un beau SD : Suicide Définitif.

Alors Xavier s’est naturellement senti coupable, jusqu’à ce que son psy sous hypnose le persuade que c’était écrit, c’était son destin, et qu’il n’y était pour rien, alors le conscient de Xavier a accepté de croire son inconscient rendu  faussement serein par l’endoctrinement du praticien…

Agathe sonna, ouvrit la porte, et pénétra dans le cabinet, tandis que Xavier l’attendait à son bureau.

Sur un ton très professionnel, il lança :

« Me Agathe Lacombe ? Je suppose, c’est à vous ! »

Jusqu’au trois premières lettres A G A, tout se passait de façon assez usuelle, sans émotion particulière, c’est seulement  au moment du T qu’il a subitement reçu une décharge de Tazer en découvrant son regard, il avait quelque chose d’intense et pénétrant  qui le mettait mal à l’aise, comme une réminiscence de l’âme de sa regrettée épouse, comme si d’un coup paf elle avait porté atteinte à sa neutralité nouvellement  domestiquée.

Il décida rapidement qu’il était absolument urgent de ne surtout pas réagir, et l’accompagna vers son bureau, avec la nonchalance d’un chat qui regagne son panier.

« Alors, qu’est-ce qui vous amène à mon cabinet, Me Lacombe ? »

Elle le fixait toujours du regard, et il repensait  à Cécile, « non ! non ! pas ce regard ! »

Finalement, après l’avoir fixé des pupilles quelques longues dizaines de secondes, elle se décida enfin à lancer quelques mots :

« C’est une amie patiente chez vous  qui m’a indiqué votre cabinet, je souffre de migraines, de douleurs dans la nuque, et peine à m’endormir le soir, elle m’a dit que vous pourriez peut-être m’aider »

« Ecoutez,  effectivement l’ostéopathie doit pouvoir vous aider à diminuer les symptômes que vous décrivez, veuillez  vous allonger sur la table de soins, je vais vous examiner. »

Comme à son habitude, il avance son tabouret roulant en bout de table, prend assise et pose  ses mains de part et d’autre du crâne de son inhabituelle patiente.

Il commence tranquillement mon examen crânien les yeux fermés, puis ayant reçu de ses mains les informations nécessaires, il décide d’ouvrir les yeux… et là…

Plaf ! le même regard pénétrant, le même regard insistant, le même regard hypnotisant, auquel je mettais décidément énormément d’énergie à ne pas répondre…

Il y avait du regard de Cécile dans ses grands yeux pénétrants, même si le vert bouteille tranchait avec le noir profond de ceux de sa regrettée, c’était comme si le même message était codifié

 « Au secours ! Ma vie me désespère, aidez-moi à la rendre acceptable ! »

Alors qu’il peinait à trouver des mots, c’est elle qui relança la conversation :

« Vous êtes installé depuis longtemps à Albi ??? »

« Euuuh non, j’y suis depuis quelques mois … Et vous ? »

Moi, je suis Albigeoise de souche, j’adore ma ville et je crois que je la connais bien,  un jour si vous voulez je vous ferais découvrir les ruelles de l’Albi ancien.

« Ah oui avec plaisir » »… oui j’aurais beaucoup de plaisir à mieux connaitre ma nouvelle ville… »

Après trente  minutes d’un traitement ostéopathique classique, il invite Agathe à se rhabiller et l’accompagne jusqu’à la porte.

« Au revoir, Agathe, ce fut un plaisir de discuter avec vous. »

Dernier regard intense puis quelques mots « Oui… moi aussi »

Tandis qu’il s’apprêtait à refermer la porte, il entendit subitement une phrase sortir de sa bouche « Et pour la visite d’Albi, dimanche soir ce serait possible ? »

D’abord surprise, Agathe sourit et répondit aussi sec

« Ok dimanche 19h brasserie le  Pontié Place du Vigan. »

Dimanche, Albi, 18h50,

Il faisait vraiment beau ce dimanche soir de septembre sur la place du Vigan, 25-26 degrés, en fait tout simplement la température préférée de Xavier  et l’un de ses mois préférés, il a toujours apprécié la douceur et l’énergie de ces jours de rentrée des classes.

Il y avait un parfum surnaturel de jour neuf, l’une de ces journées exquises ou tout peut vous arriver, la neutralité téléguidée de son cerveau faisait place à un enthousiasme divin.

Tandis qu’il s’avance doucement vers la terrasse du Pontié, il lui semble reconnaitre la silhouette d’Agathe, plongée tranquillement dans la lecture d’un bouquin.

Sa silhouette lui fait penser à Cécile…

Puis sa vue se floute et s’embrume progressivement, il voit alors défiler Agathe-Cécile –Cécile-Agathe-Cécile …

Agathe-Cécile…

 Gros camion poubelle- moi qui traverse la rue- la calandre du camion – Cécile- un grand tunnel s’ouvre, Agathe est partie, Cécile est revenue, enfin moi aussi j’ai réussi mon SD !