lundi 11 août 2014

Notre dos est le réceptacle de nos souffrances Psychologie.com

Notre dos est le réceptacle de nos souffrances, interview réalisée en aout 2014 pour Psychologie.com


Lombalgie, cervicalgie… Notre dos est quotidiennement mis à rude épreuve et il nous le fait bien sentir. La faute à notre sédentarité croissante ? Au travail ? Au stress ? L’avis de Vincent Arin, ostéopathe et auteur de Je soigne mon mal de dos en 5 leçons.
Propos recueillis par Elyane Vignau
Psychologies : Le mal de dos toucherait aujourd’hui 4 Français sur 5. On incrimine souvent notre sédentarité grandissante et le temps de plus en plus long que nous passons assis, devant un ordinateur. Qu’en pensez-vous ?
 
Vincent Arin : Les problèmes de dos sont un peu plus complexes qu’une simple question de chaise ou d’ergonomie qui, si elle est utile, reste un pansement. Notre dos est au corps, ce que le corps est à l’âme : le réceptacle de nos souffrances. Cela signifie qu’il ne va pas recevoir seulement les tensions de la chaise, mais toutes celles du corps, que ce soit du stress psychologique, des tensions liées à une maladie ou à un organe en souffrance. Foie, estomac… l’ensemble de nos organes est en relation mécanique avec le dos. La chaise ou l’ordinateur ne seront en réalité que la goutte d’eau qui va faire déborder le vase. Si une personne a un corps qui n’est pas en souffrance, elle va pouvoir travailler sans avoir mal au dos. A l’inverse, si l’on ne tient pas assis au bureau, c’est que notre corps était déjà prédisposé à souffrir.
On sait aujourd’hui qu’il faut pratiquer une activité physique, que lutter contre la sédentarité est essentiel. Mais le mal de dos de ce début de XXIème siècle est surtout, selon moi, révélateur d’une société de stress. D’une société où l’on ne respecte pas son corps. Et comme notre dos se comporte comme une éponge, il va « aspirer » toutes les souffrances que l’on endure.

Aller plus loinAvec le livre Je soigne mon mal de dos en 5 leçons de Vincent Arin, disponible en version ebook sur le site de la Fnac, et avec notre article Bureau : éviter les pièges de la position assise
 
Que signifie pour vous « respecter son corps » ?
V.A. : Cela passe par l’hygiène de vie, bien entendu : du sport, une bonne alimentation, un temps de sommeil suffisant et le moins de stress possible, surtout.  Car moins vous connaîtrez de stress négatif, plus votre corps sera léger. Et il faut en prendre conscience tôt car malheureusement, le cheminement du stress vers le dos n’est pas rétroactif. C’est-à-dire qu’une fois qu’il est abîmé, il ne suffit pas de faire baisser la pression, de retrouver plus de sérénité, pour que la douleur disparaisse pour autant.
Comment éviter selon vous que le stress, notamment professionnel, n’impacte notre corps ?
V.A. :  Cela passe par un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, qui n’est pas forcément facile à trouver. Par exemple, il faudrait éviter autant que possible de se donner trop de travail – je pense notamment aux commerçants et artisans qui enchaînent parfois des semaines de 50 ou 60 heures de travail – et pouvoir faire le vide après sa journée au bureau. Dans mon cabinet, je vois beaucoup de personnes qui n’arrivent pas à séparer travail et vie privée, et c’est souvent ceux qui consultent pour un mal de dos. Mon conseil : déconnectez, sortez de votre environnement de travail et de votre cadre quotidien dès que vous en avez l’occasion. En vacances, bien sûr, mais même si l’on n’en a pas les moyens, en changeant d’air sans partir trop loin. C’est toujours possible sans que cela coûte trop cher