samedi 27 mai 2017

Mon Aveyron mes amours 4

Retour dans la chambre, Camille vida ses valises et essaya plusieurs tenues pour le dîner :
-Robe ou pantalon ?
-A ton avis ?
-Collant ou bas ?
-A ton avis ?
-La robe blanche ou la rouge ? disait-elle en brandissant tels des drapeaux ces deux robes.
-Moi, j’aime bien la blanche, je la trouve plus romantique.
-Et toi tu mets quoi ?
-Pantalon blanc, chemise blanche, pas trop habillé ?
-Non, non, tu as amené des chaussures blanches ?
-Oui, j’ai mes « crocs » de l’hôpital…
Camille continuait la conversation, tout en se changeant dans la salle de bains.
-Mouais, pas trop classe, mais de toute façon à table, je ne verrais pas tes chaussures.
Puis elle sortit enfin, rayonnante comme un crépuscule de printemps sur les reliefs de l’Aubrac:
  • Do you like ?
  • No, I simply love!

Alors qu’ils descendaient l’escalier qui menait en salle de restaurant, quelques tables étant déjà occupées, un doux bruit de conversations consensuelles et tamisées musicalisait doucement la salle.
Au vu de la moyenne d’âge élevée des dîneurs, tous les regards s’attardèrent longuement sur Camille.
Imperturbable, elle se laissa conduire à sa table, ralentissant tout de même le pas afin de mieux se régaler de tous ces regards en rut.
Une serveuse ne tarda pas à leur présenter la carte, et Camille se plongea instantanément dans une studieuse lecture, telle une lycéenne révisant ses cours une semaine avant le bac.
En général, Camille choisissait  les plats à la carte ou le menu le plus cher, n’accordant pas le moindre regard au premier menu, à propos duquel elle ne se sentait pas concernée.
Ce soir-là, miracle, elle choisit le menu médian à soixante euros, dit « menu découverte » pensant peut-être que pour découvrir les délices de l’Aveyron, le menu découverte serait approprié.
Pour le vin, elle choisit de découvrir le vignoble du Tarn, ce serait donc un Gaillac rouge de chez Rotier, cuvée Renaissance, 2009.
La jeune serveuse revint vers eux pour la commande, et leur proposa des apéritifs.
-Oui, deux coupes de champagne s’il vous plait ! Improvisai Xavier, avec l’intention de fêter dignement leur premier diner en Aveyron.
-Ruinart ou Roederer?
-Ruinart s’il vous plait !
Comme Camille aimait à  ruiner Xavier en général, elle affectionnait particulièrement de le ruiner en Ruinart.
Tout en dégustant son champagne, Camille se détendait peu à peu.
-Tu sais finalement, je suis contente d’être  loin de Paris ce soir, je voudrais vite oublier mon expo.
-Pourquoi ? Tu as eu du succès, tu as vu le monde qu’il y avait au vernissage !
-Du succès? pas trop! au vernissage il y avait surtout mes collègues des beaux-arts et la famille, je n’ai vendu qu’un tableau, et encore à la meilleure copine de ma mère, aussi je me demande si elle ne s’est pas sentie obligée.
-Il ne faut pas te décourager, des fois il faut galérer des années avant que notre talent soit reconnu, moi je crois en ton talent !
-Je crois que je vais abandonner quelque temps l’aquarelle… J’ai envie de faire des pastels !
-Oui, c’est bien les pastels, toujours les fleurs ?
-Oui, TOUJOURS les fleurs!
Sinon tu croies que je pourrais vendre des tableaux en Aveyron ?
-Pourquoi pas ! Il y a partout des amateurs d’art, et puis même si on s’installe ici tu pourras monter de temps en temps à Paris.
L’adolescentoforme serveuse leur amena l’entrée « foie gras mi- cuit jus de canard aux truffes »
-Tu crois qu’il y a des truffes en Aveyron ?
-Surement ! Et des cèpes et des girolles aussi ! On pourrait aller aux champignons quand ce sera la saison.
-Aux champignons ! Toi, aux champignons? Non mais Xavier ça va pas! Je n’t’y vois pas du tout, aux champignons…Non je demandais ça parce qu’à mon avis il ne doit pas y avoir beaucoup de truffes, vu le gout de la sauce...
-Qu’est-ce qu’il a le goût de la sauce ?
-Il n’a rien,  justement, il a un gout discret, anonyme… Mais le foie est super bon !
Le repas se poursuivit par un « pigeon du Mont Royal en deux cuissons », suivi d’une assiette de fromages locaux, et d’un dessert praliné chocolat.
Le rouge de chez Rotier avait été bien apprécié par Camille qui quitta finalement la table d’humeur joyeuse, se dirigeant vers la sortie en oubliant que nous devions dormir sur place.
-Came, ma Came chérie, la chambre est en haut, il faut prendre l’escalier !
-Oui, oui, bien sûr, quel escalier ?
                                                    
Camille avait le vin aphrodisiaque, tant et si bien qu’à peine la porte refermée, elle plaqua Xavier contre la porte, et ouvrit d’un coup sa chemise, faisant valser tous les boutons, maculant le sol de la chambre.
Puis ils décidèrent de faire l’amour par terre, peut être pour mieux ressentir l’union de leurs corps avec ce nouveau territoire.
Après l’amour, ils restèrent un moment couchés nus adossés au parquet et Camille découvrit qu’en bougeant son dos tel un reptile, elle pouvait faire un bruit de « pets » contre le parquet.
S’en suivit un concours de « pets de parquet » puis ils s’endormirent enfin.


Enregistrer un commentaire